En fouillant les archives, car c'est aujourd'hui jour de grand ménage, j'ai retrouvé une lettre à l'attention des étudiants de première année de psychologie de Rennes. L'association des étudiants de psycho souffre, comme partout en France, d 'un manque (si ce n'est une absence) de soutien de la part de ceux pour qui elle travaille. Ainsi, dans un grand moment de frustration et de colère, après avoir tenté tout ce qui fût humainement possible pour nous faire entendre. Nous avions décidé de publier une lettre ouverte à leur intention. Elle fût écrite, mais ne les atteint jamais, car nous nous sommes ressaisis et avons préféré faire une croix sur ce soutien plutôt que de se rabaisser à publier cela.
Aujourd'hui, j'y repense, et ce texte me semble être un oiseau dans une cage. Je le lache ici, chez moi, car j'en suis l'auteur, et j'en prends ainsi les responsabilités. Je m'inquiète toujours autant pour ces premières années qui se noient dans la marée universitaire et la guerre des psys de rennes. Je continuerai à tendre la main, même si personne ne la saisira. C'est mon rôle de quatrième année, rien de plus.
Lettre ouverte à l’attention des étudiants de première année de psychologie
Bonjour, cher collègue…
J’espère que tu vas bien. Je me permets de te tutoyer car depuis le temps que je te côtoie, j’ai l’impression de te connaître par cœur. En fait, pas tant que ça… Excuses moi, je suis particulièrement impoli, je me rends compte que je ne me suis pas présenté. Je suis psychadélick, ton association. Nous nous regardons croisons régulièrement quand tu longues le bâtiment D et que tu vois mes fenêtres couvertes d’affiches à ton attention. Tu ne les lis pas toujours, mais ça n’a pas d’importance, car tu es libre et je te respecte entièrement là-dessus.
Je sais ce que tu penses de moi. Tu me crois taillé dans la pierre de ce bâtiment, inscrit à vie dans cette université, tu crois que je ne me soucie de personne car la seule chose que je souhaite, c’est prospérer, autant financièrement que politiquement. Tu penses même que je suis représentante d’une groupe d’étudiants qui se croient au-dessus de toi, que je regroupe l’élite, et comme tu penses ne pas en faire partie, que nous n’avons rien à faire ensemble. Depuis le début de l’année, j’essaie de te convaincre de la confiance que tu peux avoir en moi. Elle n’est vraiment pas facile à obtenir. Tu n’oses pas vraiment t’impliquer dans quoi que ce soit ici, tu viens d’arriver dans cette immensité, ça serait idiot de se fixer quelque part quand il y a tant à découvrir. Je te comprends, car, à mon échelle, je vie les mêmes choses, et je fais les mêmes choix. Et pourtant…
Oui, je reste intimement convaincu que nous avons quelque chose à vivre ensemble. Je dis ici ce que je ressens, c’est la première fois que j’ai la chance de te parler, seul à seul, sans ces préjugés que tu portes bien malgré toi à mes membres qui te parlent en amphi, aux affiches que tu voies sur les murs, à ce local que tu regardes de loin, où trop de rire montrent l’inefficacité selon toi. Malgré cela, je reste convaincu. Je n’y peux rien, j’écoute et je vois, et, bien malgré moi, je souffre de cette situation. Je sais tout d’abord que parmi les tiens, vous êtes nombreux à venir à la fac avec la certitude qu’il n’y a pas de places pour vous, que personne ne fera attention à vous. Je le sais. J’entends souvent des gens souffrir dans cette solitude qui étouffent jusqu’à leur volonté. Et cela me touche. Tu sais, ici, tu es en psycho. En gros, dans ton amphi, tu peux faire une division en quatre groupes, oui, quatre objectifs différents. Les premiers viennent ici par curiosité. Ils viennent de passer le bac et devaient choisir une matière. Ils se rendent déjà compte que cela ne leur plait pas. Les second viennent ici par amour des autres. Ils veulent devenir thérapeute, libérer les gens de leurs maux, et j’espère qu’ils ne lâcheront pas leur rêve car ce monde a besoin d’eux. Les troisièmes viennent par passion de
la psychologie. Les groupes sociaux, la psyché humaine les fascinent, ils dévorent les axes scientifiques et permettront de faire pérenniser ta si belle matière. Les derniers, enfin, espèrent trouver dans ces cours une réponse à ce qui les dévore. Ils pensent que la psychologie peut apaiser tous les maux et tentent de trouver les remèdes aux leurs. Peu parmi les tiens savent pourquoi ils font ces études. Pour ma part, j’espère que chacun y trouvera son compte. J’ai, comme tu l’imagines, une tendresse de mère par rapport au dernier groupe, je considère le troisième comme mon ami avec qui j’aime partager mon savoir, le second est empli d’amour pour tout le monde et je l’admire pour cela, et quant au premier, j’aime à le connaître car il a l’âme du voyageur.
Cher toi, je veux que tu comprenne par cette lettre ce que j’essaie de faire depuis mes débuts. Je te vois éloigné de ceux qui composent ta famille d’étude. Je te vois loin des rêves qui t’ont poussé à t’engager dans cette voie. Je n’ai toujours voulu que ton bonheur. Les fêtes que j’organise pour toi m’aident à financer les annales que je t’offre, le café chaud qui t’attend, les grandes soirées auquel tu es convié, les apéros, les conférences, les aides aux cours, le journal qui t’es destiné. J’aimerai que tu comprenne cela. Mes actions n’ont qu’un but, toi. Je suis sincère.
D’un autre coté, j’aimerai que tu prennes conscience que je suis encore si petit. Une dizaine de membres, pas plus, font tout ce que je t’ai dis. Ils sont motivé par l’envie que les choses bougent, par le rêve que nous soyons enfin « lié » par notre matière, ta passion, la mienne aussi… Nous tous, membres psychadélick, étudiants en psychologie, souhaitons te connaître, te voir prendre conscience de cette chance que nous avons de réaliser des projets qui vont vers ce que tu désires. Notre équipe est ouverte d’esprit, motivée, unie et en attente de toi, peut-être qui viendra nous rejoindre dans cette belle aventure. La fac a ses limites, nous pas. Peut-être penses tu que tu es différent de moi, que tu n’as pas l’esprit de groupe, que mes envies ne correspondent pas à tes envies. Et pourtant, il suffit que tu demandes, que tu viennes me rencontrer, pour voir à quel point je souhaite aller dans ton sens.
Entendras-tu mes paroles ? Ou croiras-tu à une nouvelle tentative de ma part d’user de publicité pour t’endoctriner ? Je t’en prie, ne me juges pas trop vite, tu es la raison de mon existence, et sans toi, je m’éteindrai. A quoi sert une association d’étudiants sans ses étudiants. J’ai l’immense bonheur de représenter 100 membres aujourd’hui, même si nous sommes 3.100 dans notre département. Je te propose une alternative à la noyade dans la masse, un sens à ton cursus, une chance de vivre tes études différemment. Mais la décision t’appartient entièrement.
Je suis tout de même satisfait d’avoir enfin pu te dire qui j’étais…
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