Nouveau site
Bonjour à tous, la nouvelle plate-forme du nombril du Dadoo est desormais ouverte quoique encore en cours de remplissage.
Ses particularités : Un max de gadgets (du lecteur deezer décrochable au livre de recettes de cuisine), des niveaux de lecteurs (du visiteur à l’intime, ce qui me remet à l’aise avec l’ecriture), des fichiers à telecharger, des galeries photo (de moi, de moi, de moi !), des pôles spécifiques psycho plus pointus, des zones de recherches réservés aux collègues, des films, une meilleure navigation, et pour l’instant, c’est tout…
Je retente donc une sortie d’over-blog sur du matos plus pro, et, si ce second site est un succès, j’y resterai un peu pour le faire vivre.
Penser à lire ce blog, ca a l'air génial
http://difipsile.blogspot.com/2006/12/1-le-commissaire-johannes-baagoe.html
"C'est dans le rapport à l'autre qu'on prend conscience de soi ; c'est bien ce qui le rend insupportable."
"Il est faux de prétendre que les êtres humains sont uniques, qu'ils portent en eux une singularité irremplaçable ; en ce qui me concerne, en tout cas, je ne percevais aucune trace de cette singularité. C'est en vain, le plus souvent, qu'on s'épuise à distinguer des destins individuels, des caractères. En somme l'idée d'unicité de la personne humaine n'est qu'une pompeuse absurdité. On se souvient de sa propre vie, écrit quelque part Schopenhauer, un peu plus que d'un roman qu'on aurait lu par le passé. Oui, c'est cela : un peu plus seulement."
Alors voila... Oui, voila donc le fameux Terry Pratchett et son merveilleux Pièce-monde.
En ce moment, je lis beaucoup de livres d'auteurs anglais et je trouve leur humour de plus en plus formidable. Autant Douglas Adams valait déjà son pesant de cacahouette pour ce qui est des tranches de rire, autant, là, c'est d'une toute autre ampleur.
Je viens de lire "Les tribulations d'un mage en Aurient", 17ème livre des annales du Pièce-Monde. Le pièce-monde, c'est un univers médieval fantastique, porté par 4 éléphants et volant dans l'espace sur dos de tortue. Enfin, c'est ce que tout le monde suppose dans ce monde...
Bref, suivre le personnage extraordinaire et chanceux/malchanceux de Rincevent, cela vaut de l'or. Je ne connaissais pas la série de livres, mais attaquer le 17ème ne m'a posé aucun problemes. L'auteur a enormément de talent.
Ce qui fascine, dans ce livre, c'est son humour de situation, de réaction.
Ainsi, parmi les héros du livre, nous pouvons suivre la Horde d'Argent, qui sont les plus féroces guerriers barbares... euh... à la retraite... Leur chef, Gengis Cohen, a 90 ans, mais reste indestructible. Ils vont tenter de voler la chose la plus précieuse de l'empire de Contrepoint, à 7 vieux guerriers. Pour illustrer cela, je vous mets quelques extraits savoureux du livre. Bonne lecture !
Lorsque des vieux guerriers sanguinaires barbares s’entraînent à la civilisation : Gengis Cohen et le vendeur de pommes.
Les yeux de Cohen devinrent vitreux et ses lèvres remuèrent en silence, comme s’il répétait un texte. Puis il se lança :
« Holà, gros marchand, donne- moi toutes tes.. donnez-moi une pomme… et je vous donne… cette pièce… »
Il se retourne, Mr Cervelas avait le pouce levé.
« Vous voulez une pomme, c’est ça ? fit le marchand de pommes.
- oui ! »
Le marchand en sélectionna une. L’épée de Cohen était à nouveau cachée, mais le marchand, comme s’il voulait inconsciemment l’en remercier, s’assura d’en choisir une bonne. Puis il prit
« Allons, remettez-la moi, vénérable client. » dit-il.
Sept secondes bien remplies s’écoulèrent.
Puis, une fois qu’ils furent à l’abri au coin de la rue, monsieur Cervelas demanda : « Bon, vous tous ; qui peut me dire quelle erreur a commise Cohen ?
- Il a pas dit s’il vous plait ?
- Non.
- Il a pas dit merci ?
- Non.
- Il a cogné le gars sur la tête avec un melon, ensuite il l’a envoyé d’un coup de poing dans les fraises et d’un coup de pied dans les noix, puis il a flanqué le feu à son étal et fauché son argent ?
- Exact ! soupira Monsieur Cervelas. Gengis, vous vous en sortiez si bien jusque là.
- L’avait qu’a pas m’appeler comme il l’a fait !
- Mais « Vénérable » signifie vieux sage, Gengis.
- Oh. Ah bon ?
- Oui.
- Be-en, j’y ai laissé l’argent pour la pomme.
- Oui, mais vous voyez, je crois bien que vous lui avez pris tout l’argent qu’il avait par ailleurs.
- Mais j’ai tout d’même payé la pomme. » Insista Cohen avec une certaine irritation.
Monsieur Cervelas soupira. « Gengis, j’ai la nette impression que plusieurs millénaires d’évolution constante en matière de propriété fiscale vous sont passé au dessus de la tête.
- Pardon ?
- Il est parfois possible que l’argent appartienne légitimement à autrui. » fit Monsieur Cervelas d’un ton patient.
Les membres de la horde marquèrent un temps pour s’imprégner aussi de cette idée. Une idée qu’ils savaient évidement exact en théorie. Les marchands ont toujours de l’argent. Mais ils trouvaient anormal que cet argent leur appartiennent ; il appartient à qui le leur prend. Les marchands ne le possèdent pas vraiment ils s’en occupent jusqu’à ce qu’on en ait besoin.
Belle tournure de phrase concernant un seigneur :
Le seigneur Hong avait le talent des grands vizirs de surgir de nulle part. Son regard balaya les cuisines. C’était sûrement la seule tache ménagère qu’il avait jamais accompli.
Combat entre vieux guerriers sanguinaire barbare et grands samurais.
Le samurai qui fusillait Cohen des yeux sortit un bout de soie de son armure et le jeta en l’air. De l’autre main, il empoigna la garde de son épée longue et fine…
C’est tout juste si on entendit un sifflement, mais trois lambeaux de soie tombèrent doucement par terre.
« Recule, Prof, dit lentement Cohen. M’est avis que celui-là, il est pour moi. T’as un autre mouchoir ? Merci. »
Le samurai regarda l’épée de Cohen. Une épée longue, lourde et tellement ébréchée qu’elle aurait pu servir de scie.
« Vous n’y arriverez jamais, fit-il. Avec cette épée ? Jamais. »
Cohen se moucha bruyamment. « Tu crois ça ? Regarde. »
Le mouchoir s’éleva en flèche. Cohen serra son épée.
Avant même que le mouchoir ait amorcé sa courbe descendante, le barbare avait déjà décapité trois Samurais au nez en l’air. D’autres membres de sa Horde, qui suivaient souvent le même raisonnement que leur chef, en avaient abattu une demi-douzaine.
« Une idée de Caleb, dit Cohen. Et le message est le suivant : On se bat ou on perd son temps, à vous de voir. »

Lire Michel Houellebecq, c'est jouissif... Tout simplement parce qu'il écrit extraordinairement bien ! Passer d'un livre mal traduit américain à lui, c'est un bonheur insoupçonné. Il est un virtuose de la lange française et merite son titre de grand terroriste littériare. On n'est à l'abris de rien, dans son ecriture, et ça n'est pas lui qui se taira quand quelque chose dérange un de ses personnages. J'aime énormément sa manière de vivre son histoire dans les mots.
Quelque part, peu importe le scenario, la seule chose qu'il demande, c'est un espace de parole. Au final, on se souvient moins bien de son histoire que des reflexions de ses personnages.
C'est un maitre dans l'ecriture...
Et ce, même si l'on est pas toujours d'accord avec ses propos...
Extrait d'"extension du domaine de la lutte" (1994)
"Véronique était "en analyse", comme on dit ; aujourd’hui je regrette de l’avoir rencontrée. Plus généralement, il n’y a rien à tirer des femmes en analyse. Une femme tombée entre les mains des psychanalystes devient définitivement impropre à tout usage, je l’ai maintes fois constaté. Ce phénomène ne doit pas être considéré comme un effet secondaire de la psychanalyse, mais bel et bien comme son but principal. Sous couvert de reconstruction du moi, les psychanalystes procèdent en réalité à une scandaleuse destruction de l’être humain. Innocence, générosité, pureté... tout cela est rapidement broyé entre leurs mains grossières. Les psychanalystes, grassement rémunérés, prétentieux et stupides, anéantissent définitivement chez leurs soi-disant patientes toute aptitude à l’amour, aussi bien mental que physique ; ils se comportent en fait en véritables ennemis de l’humanité. Impitoyable école d’égoïsme, la psychanalyse s’attaque avec le plus grand cynisme à de braves filles un peu paumées pour les transformer en d’ignobles pétasses, d’un égocentrisme délirant, qui ne peuvent plus susciter qu’un légitime dégoût. Il ne faut accorder aucune confiance, en aucun cas, à une femme passée entre les mains des psychanalystes. Mesquinerie, égoïsme, sottise arrogante, absence complète de sens moral, incapacité chronique d’aimer : voilà le portrait exhaustif d’une femme "analysée".
Véronique correspondait, il faut le dire, trait pour trait à cette description. Je l’ai aimé, autant qu’il était en mon pouvoir – ce qui représente beaucoup d’amour. Cet amour fut gaspillé en pure perte, je le sais maintenant ; J’aurai mieux fait de lui casser les deux bras. Elle avait sans doute depuis toujours, comme toutes les dépressives, des dispositions à l’égoïsme et à l’absence de cœur ; mais sa psychanalyse l’a transformée de manière irréversible en une véritable ordure, sans tripes et sans conscience – un détritus entouré de papier glacé. Je me souviens qu’elle avait un tableau en Velléda blanc, sur lequel elle inscrivait d’ordinaire des choses du genre « petit pois » ou « pressing ». Un soir, en rentrant de sa séance, elle avait noté cette phrase de Lacan « Plus vous serez ignoble, mieux cela ira. » J’avais souri ; j’avais tort. Cette phrase n’était encore, à ce stade, qu’un programme ; mais elle allait le mettre en application, point par point."










